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Je vous invite à lire le très bon dossier concernant la French touch dans le jeu vidéo paru sur le site de jeuxvideo.com. Mais finalement, ce n'est pas vraiment la french touch qui m'intéresse, mais ce que disent certains développeur a propos de leurs éditeurs.

 

 

Voilà ce que dit David Cage lors de la création de Nomad Soul :

Quand Eidos s'est rendu compte que John Romero (le producteur de Daïkatana) se foutait d'eux et dépensait des sommes folles dans un projet déjà dépassé, ils ont eu une réaction de panique totale. Résultat : Eidos a donné un énorme tour de vis à tous les studios de développement, sans essayer de faire la différence entre ceux qui bossaient et les autres. Ils nous ont collés sur le dos un producteur affligeant, intraitable, et qui ne connaissait de surcroît absolument rien au jeu vidéo. J'ai d'ailleurs failli lui casser la gueule plusieurs fois ! Je ne pouvais pas continuer comme ça. Après la rupture avec Eidos, j'ai décidé de ne plus jamais dépendre d'un éditeur.

 

Et voici ce que dit Chahi sur un certain constat du paysage vidéoludique actuel :

Le problème, c’est que la notion d'auteur a pratiquement disparu dans le jeu vidéo. À leur place on trouve des sociétés. La logique actuelle serait plutôt de réunir des compétences : graphistes, programmeurs, etc. Or ces compétences rassemblées à une échelle macroscopique ne suffisent pas. Il faut aussi une vision artistique globale. J'ai l'impression que sur la plupart des projets, il manque quelqu'un qui insuffle sa vraie personnalité, un sentiment intérieur fort, guidant le travail de chacun dans le but de créer un ensemble vraiment cohérent. C'est ce travail d'auteur, autrefois sous-jacent et implicite de par la petite taille des équipes, qui manque cruellement aujourd'hui. Nous sommes passés d'une création artisanale des années 1980-90 à une création industrielle. Si on doit faire un parallèle avec la peinture, j'ai le sentiment d'être en plein Moyen Age, limite Renaissance (époque où la quête du réalisme prédominait au détriment de l'expression pure). J'estime les "jeux premiers" plus proches de l'art, de par la démarche créative qu'ils ont impliquée. Sans modèle, il fallait tout créer. L'élan artistique était intense, en pleine effervescence. La limitation principale étant matérielle, la recherche du concept primait. Aujourd'hui, c'est l'inverse : l'élan créatif est réduit au minimum. Plus que jamais le jeu vit sur le tapis roulant du progrès informatique et de l'esbroufe visuelle. J'ai l'impression qu'il ne reste plus grand-chose de la création française

 

Je n'ai rien à ajouter. Le jeu vidéo traverse une crise d'identité majeure. On court après les informations des sites spécialisés, on recherche les effets d'annonces et on écoute le marketting, mais on oublie que l'on nous sert souvent une soupe honéreuse qui aurait sa place dans un snack bar et non pas dans un restaurant d'art culinaire.

 

Je crains vraiment que les éditeurs et les constructeurs dans leur quête de tout contrôler finissent par étouffer le marché qu'ils sont sensés développer.

 

Une petite séquence nostalgie pour finir, Chahi présentant Another World, le début d'une ère.

 

 

Tag(s) : #Jeux vidéo

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